Louer une voiture à l’île Maurice : la franchise, la caution et ce qui vous attend au comptoir
Mis à jour le 18 septembre 2026 · 8 min de lecture
Le tarif qui vous est annoncé pour une voiture de location à l’île Maurice n’est pas le montant auquel le loueur a réellement accès. Derrière se cache une caution à cinq chiffres en roupies, une franchise qui survit à l’assurance censée l’avoir supprimée, et une liste de pièces du véhicule que l’assurance n’a jamais couvertes.
Rien de tout cela n’est inhabituel, et rien n’est une arnaque. C’est simplement écrit dans un document que la plupart des gens signent au comptoir, au bout d’un vol de dix heures.
Une remarque sur ce qui suit. Il n’existe aucun tarif national pour la location de voiture à l’île Maurice. Les chiffres ci-dessous proviennent des conditions publiées par deux loueurs mauriciens, cités parce qu’ils sont précis et vérifiables — pas parce qu’ils font office de loi. Pour les distinguer, on les appellera dans la suite le premier loueur et le second loueur, et chaque chiffre est attribué à l’un des deux. Votre propre contrat de location est celui qui vous engage, et là où un chiffre mentionné ici n’y figure pas, c’est le contrat qui l’emporte.
La franchise n’est pas des frais. C’est le plafond de ce que vous pouvez perdre
Le premier mot à bien comprendre est la franchise — le montant dont vous restez responsable en cas de dommage au véhicule, quelle que soit la protection achetée. Ce n’est pas quelque chose que vous payez d’avance. C’est la taille du trou dans l’assurance.
Le second mot est CDW, et c’est là que l’on perd de l’argent à cause d’un faux ami. CDW signifie Collision Damage Waiver, c’est ce qu’incluent par défaut la plupart des locations, et ce n’est pas une couverture tous risques. Ce que cela fait, c’est réduire votre responsabilité de la valeur totale du véhicule au montant de la franchise. Cela ne supprime pas la franchise elle-même.
Le premier loueur l’indique clairement dans ses conditions : sans CDW, vous êtes responsable jusqu’au montant total de la caution, et le CDW le ramène à 10 000 Rs, TVA comprise. Le second publie plutôt une fourchette — une franchise standard de 15 000 Rs, 25 000 Rs ou 35 000 Rs selon la catégorie du véhicule, avec la possibilité de la ramener à zéro moyennant un supplément journalier.
Ces chiffres contiennent deux leçons. La franchise est liée au véhicule, donc la surclassification qui vous a été proposée au comptoir a discrètement augmenté votre exposition. Et le produit franchise zéro est un achat séparé, vendu soit par le loueur au comptoir, soit à l’avance par la plateforme de réservation. La version de la plateforme couvre la franchise à la fois pour les dommages et le vol ; laquelle des deux revient moins cher mérite d’être vérifié plutôt que supposé, mais une seule des deux vous permet de comparer avant de vous retrouver au comptoir avec une file d’attente derrière vous.
La caution : ce qui est bloqué, et pour combien de temps
La caution est l’argent auquel le loueur a réellement accès, et c’est un montant différent de la franchise. Les conditions du premier loueur fixent la caution entre 15 000 et 25 000 Rs selon le type de véhicule réservé — la somme dont vous êtes responsable avant que le CDW ne la ramène à 10 000 Rs. Le second ne publie aucun chiffre fixe : il indique que le montant dépend de l’option d’assurance choisie, et qu’il peut être réglé par carte de crédit ou en espèces, en roupies mauriciennes ou en euros, au moment de la prise en charge.
Les plateformes de réservation décrivent le mécanisme de la même façon : la caution est bloquée sur — ou prélevée sur — la carte du conducteur principal, ou constituée en espèces, et elle couvre la franchise, les amendes de circulation, les péages et les frais de carburant. Lorsqu’elle est bloquée plutôt que prélevée, elle s’annule généralement dans les trois semaines suivant la fin de la location.
Trois conséquences en découlent.
La carte doit être au nom du conducteur principal. Une carte appartenant à la personne assise côté passager n’est pas une solution, aussi mariés soyez-vous.
Un montant à cinq chiffres en roupies bloque réellement une partie de votre plafond de crédit. Si vous comptiez faire passer une semaine de restaurants sur la même carte, vérifiez le plafond avant d’atterrir.
Photographiez la voiture avant de quitter le parking, roues, rétroviseurs et toit compris, avec la date visible. Cette preuve vaut mieux que n’importe quelle discussion.
Ce que l’assurance ne couvre pas
C’est la section la plus courte, et la plus coûteuse.
Le premier loueur cite les pneus et l’équipement du véhicule ; le second cite le dessous de caisse et les rétroviseurs latéraux, couverts seulement si vous passez à une formule renforcée. Aucun des deux ne couvre les objets personnels laissés dans la voiture.
Mettez cela en relation avec l’état des routes : des routes bordées de fossés abrupts, des revêtements irréguliers, peu de glissières de sécurité. Pneus et dessous de caisse sont précisément les pièces d’une voiture qui rencontrent un bas-côté mauricien, et les rétroviseurs sont ce qu’une voie étroite arrache. Les exclusions ne sont pas arbitraires. Elles décrivent ce qui se passe réellement ici.
Âge, permis et supplément jeune conducteur
Il faut avoir 21 ans pour louer, mais on peut conduire dès 18 ans. ASIRT donne cette règle générale pour l’île Maurice, et les deux jeux de conditions s’accordent sur 21 ans.
Votre permis doit avoir au moins un an. La formulation du premier loueur — « tout permis étranger valide, âgé d’au moins un an, est accepté » — est la norme courante, et le second exige au moins un an d’expérience de conduite.
Un permis de conduire international n’est généralement pas exigé. Un permis de votre pays d’origine suffit pour un visiteur, et le second loueur le précise explicitement. Mais certaines agences demandent tout de même un permis international aux conducteurs de certains pays, et si votre permis n’est pas en alphabet latin, en apporter un vous évite une discussion que vous ne voulez pas avoir au comptoir à minuit. Emportez aussi votre passeport : il est demandé à la prise en charge.
Moins de 25 ans coûte plus cher. Le premier loueur facture 200 Rs TVA comprise par jour, plafonnées à 2 500 Rs par location. Le plafond est atteint dès le treizième jour, si bien que deux semaines reviennent au même prix que trois — et ce supplément figure rarement dans le prix affiché.
Le conducteur additionnel est souvent gratuit ici. Le premier loueur offre le premier conducteur additionnel ; le second en inclut un dans le tarif et plafonne le total à deux conducteurs assurés. Sur une île où toute route intéressante se fait au volant, cela vaut la peine de le demander expressément.
Carburant : même niveau, pas plein contre plein
L’île Maurice n’utilise généralement pas la politique plein contre plein sur laquelle l’Europe s’est harmonisée. Les deux jeux de conditions disent la même chose : rendez la voiture avec le même niveau de carburant qu’à la prise en charge. Le premier loueur précise qu’un retour avec un niveau inférieur entraîne le coût du carburant plus un supplément de 10 % et la TVA.
Cela change vos habitudes. Photographiez la jauge à la prise en charge, pas seulement la carrosserie, et retenez un détail bien mauricien : seuls les pompistes ont le droit de faire le plein dans les stations-service ici. Vous ne descendez pas pour le faire vous-même.
Les amendes vous suivent, et elles sont prélevées sur la caution
« Le locataire est pleinement responsable de toute amende ou autre conséquence d’une infraction au code de la route » est la clause type, et c’est sur la caution qu’elle est réglée. Autant savoir à combien s’élèvent les amendes. La Mauritius Police Force les publie :
| Infraction | Amende |
|---|---|
| Dépassement de la limite de vitesse jusqu’à 15 km/h | 2 500 Rs |
| De plus de 15 à 25 km/h | 5 000 Rs |
| De plus de 25 km/h | 10 000 Rs |
Les deux dernières entraînent aussi des points de pénalité. Le contrôle de vitesse est ici largement automatique, par caméras fixes, ce qui veut dire que l’avis arrive après votre retour, et se règle sur la carte que vous avez laissée en garantie.
Et voici ce qui dépasse tout le reste : la conduite en état d’ivresse. D’après cette même source policière, le taux prescrit est de 20 milligrammes d’alcool pour 100 ml de sang, 9 microgrammes pour 100 ml d’air expiré. Une première condamnation entraîne une amende comprise entre 20 000 et 50 000 Rs, jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et une suspension d’au moins douze mois. Ce maximum n’est pas une coquille — c’est le plafond de la fourchette de peines, pas la sanction attendue, et c’est ce qu’un tribunal mauricien peut déjà prononcer dès la première fois. Une deuxième condamnation monte à 50 000–75 000 Rs, entre douze mois et huit ans d’emprisonnement, et l’annulation du permis. Il n’existe aucune façon raisonnable de boire un verre au déjeuner et de conduire ensuite sur cette île.
Un détail plus mineur qui surprend les visiteurs dans les villes : pour se garer en centre-ville, il faut d’abord acheter un ticket de stationnement, dans une station-service ou auprès de vendeurs présents dans le centre lui-même. Il n’y a pas d’horodateur sur place.
L’ordre dans lequel s’y prendre
Décidez de la franchise avant de décider de la voiture, car c’est la voiture qui fixe la franchise. Achetez la couverture de franchise avant votre arrivée plutôt qu’au comptoir, où elle est vendue sous pression du temps. Vérifiez la caution par rapport à votre plafond de crédit. Photographiez la carrosserie, les roues, les rétroviseurs et la jauge de carburant. Puis posez une seule question au comptoir : quelle est ma franchise en roupies, et qu’est-ce qui en est exclu ?
Une fois la réponse obtenue, la comparaison vaut la peine d’être faite entre plusieurs prestataires plutôt que d’accepter le premier devis — franchise et caution varient ici davantage d’un loueur à l’autre que le tarif journalier.
Et si les calculs ne penchent pas en faveur de la location, tant pis. Une journée privée dans le sud-ouest pour quatre personnes maximum coûte 83 €, conduite, franchise et problème de rhum réglés par quelqu’un d’autre, et le reste des journées guidées démarre à 10 €.